jeudi 1 décembre 2016

Théâtre au cinéma? Roméo et Juliette - Comédie Française/ Cinéma Gaumont-Pathé

Bonjour à tous


Je profite de mon déjeuner pour rédiger rapidement mon avis qui aurait déjà dû être publié depuis longtemps. Le blog va peu à peu reprendre vie, mais entre les cours, mon job et le reste, ce n'est pas toujours évident !  

Le théâtre au cinéma, ça vous dit ? La comédie française et les cinémas Gaumont- Pathé collaborent (sur 3 années) afin de proposer trois pièces de théâtre à voir au fond de son siège, pop-corn en main.
  • Roméo et Juliette (du 30 octobre 2016 au 31 janvier 2017)
  • Le mysanthrope (en direct le 9 février 2017 et rediffusion à partir du 27 février 2017)
  • Cyrano de Bergerac (en direct le 4 juillet 2017 et rediffusion à partir du 29 juillet 2017) 
Le format
N’ayant pas pu voir Roméo et Juliette au théâtre (décembre 2015 à mai 2016), quand on m’a proposé de voir la pièce, le format m’a amusé, j’ai donc accepté. Même si, soyons honnête, ça n’égale pas le fait de voir la pièce avec les comédiens devant nous dans une salle de théâtre, l’expérience était agréable.

Ce que je n’ai pas aimé ?
·      Après avoir eu les bandes-annonces et publicités de rigueur au cinéma, nous avions le droit à une explication d’Eric Ruf pour son adaptation de la pièce de Shakespeare et oh surprise, aucun son, un ange passe, quand on se décide à aller voir pour dire « vous pouvez nous mettre le son svp ? Les mimes très peu pour nous », le son revient. Mais la chère personne devait gérer cette projection en plus d’autres plus importantes (Et oui, il y avait plus important, comme Brice de Nice, Miss Peregrine, Bridget Jones, Doctor Strange, etc…). Donc peu d'attention accordée à notre pièce de théâtre qui a eu du coup pas mal de bugs, mauvais point pour ça.

·      • Les bugs, par moment, la bande sautait ou le son était coupé quelques secondes, même si ce n’est arrivé que deux, trois fois et 15 à 20 secondes, c’est agaçant et décevant (Chrono en main, faites mute à un moment clef d’un film pendant ces quelques secondes, alors ? Et oui, on en rate pas mal quand même). 

·      Le cadrage ! Les gros plans pour certaines scènes m’ont vraiment gêné, je n’ai pas envie de voir une tête énorme pour accentuer l’effet dramatique, les comédiens sachant très bien rendre le moment dramatique à souhait. Donc zoom arrière et garder vos effets de téléfilm pour m6, merci bien.

Les points positifs ?
• L’entracte ! Même au cinéma, vous pourrez savourer la joie de l’entracte. Libre à vous de faire ce qui vous chante pendant ce laps de temps (je ne vous donnerais pas d'idées !). Après quelques publicités et une vue globale sur la salle du théâtre allumée, une interview des deux protagonistes est projetée. C’était intéressant.

• Ceux qui aiment le théâtre aimeront tester ce format, mais trouveront toujours plus de plaisir au vrai de vrai. Mais là où c’est vraiment intéressant, c’est de faire découvrir le théâtre sous un nouveau jour pour ceux qui sont peut-être réfractaires ou ont une image fausse et austère du théâtre. Donc sous ces faux airs de film, peut-être que ça encouragera certaines personnes à se déplacer non pas vers les salles de cinéma, mais vers les salles de théâtre. Ce que je vous encourage à faire, car l’expérience est plus forte en vrai qu’avec un écran aussi grand soit-il. Et puis, on ne peut se faire postillonner dessus qu’avec l’un des deux formats (je vous laisse choisir lequel !).

La pièce

Je vais plutôt survoler, donner mon avis sans rentrer dans une critique ou étude complexe/recherchée (j'ai suffisamment donné pendant mes études de Lettres, merci bien).
 L’adaptation et le projet ont été entrepris par Eric Ruf, les costumes sont signés Lacroix.

Dans une époque un peu floue (entre 1920/1940), la pièce débute. Le décalage entre les costumes et le texte est amusant. Mais alors le truc, la chose, le cheveu dans la soupe, quand Roméo arrive sur scène et dit « « L’excès de froideur de celle pour qui je brûle », là, un peu niaise, tu penses « Juliette » Que nenni ! Rosaline ! Qui ? Mais oui, vous savez Rosaline, le grand amour pour qui Roméo se meurt ! Toujours pas ? Rosaline, celle qui a piétiné le cœur de Roméo en faisant voeu de chasteté. Et Juliette ? A la base ce n’est que le lot de consolation, histoire de se divertir. Tout de suite, c’est beaucoup moins vendeur et bizarrement cette Rosaline je l’avais complètement oublié ayant pendant 15 ans, ingurgitée des réinterprétations, réécritures et adaptations cinématographiques ayant dégagées la fameuse Rosaline.
A la fin de la pièce, je demande à ma sœur « Tu te souvenais de cette Rosaline, toi ? »  « Non, pas du tout ».
Donc avec cette impression « Amour de pacotille », la pièce poursuit. Juliette arrive et elle est brune, avec une voix forte, un peu grave et affirmée. Pas du tout le physique de Juliette que je m’étais imaginé. Mais il faut dire que Suliane Brahim joue tellement bien que j’ai très vite oublié celle que j’avais en tête (Blonde, voix fluette, délicate). Roméo et Juliette échangent des baisers à pleine bouche, c’est l’amour fou !
Bon ensuite nous connaissons l’histoire.
Néanmoins, deux choses sur lesquelles j'aimerais revenir. La première, même s’il y a des petites notes modernes ajoutées par Eric Ruf par-ci, par-là dans le texte qui donne un ton un peu comique et atypique à la pièce, comment vous dire mon air choqué (qui a fait rire ma sœur) quand le père de Juliette la traite de salope et autres noms d’oiseaux. Je n’en revenais pas. 
Une fois à la maison, il fallait que je vérifie le texte, quand Juliette refuse d’épouser Pâris le « gentilhomme » sélectionné par ces parents. Capulet traite sa fille de « mijaurée, petite garce, charogne livide, jeune insolente, traînée » et lui dit aussi « va te faire pendre » (donc trois fois rien) mais jamais, il ne lui dit les insultes que nous avons pu entendre. Bon, je ne vais pas en faire tout un plat (même si ça y ressemble) mais j’ai été surprise.  

Et autre petite chose, la fin que je connais par cœur, je ne m’attendais pas à être surprise MAIS quand Roméo est mort près de Juliette et que cette dernière se réveille, se rend compte que son grand amour est mort, la fiole vide de l’apothicaire encore en main, elle se rend compte qu’il n’y a pas de poison pour elle, donc poignard en main, hop, elle se tue. Jusque-là, tout va bien, mais elle n’arrive pas à atteindre la main de Roméo quand elle essaye de ramper vers lui. Et là, je pinaille, oui, je sais, mais non, elle aurait pu atteindre sa main, c’est frustrant.


En conclusion : Expérience agréable, que je vous recommande. Le jeu de Jeremy lopez (Roméo) et Suliane Brahim (Juliette) est vraiment génial. C'est drôle, touchant et tragique. 





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